Le Musée national des beaux-arts du Québec présente une rétrospective majeure d’Alberto Giacometti




L’année 2018 marque le 85e anniversaire du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ). Pour lancer les festivités, le Musée est fier de présenter, en première nord-américaine à Québec (Canada), l’exposition Alberto Giacometti qui a connu un succès retentissant à la Tate Modern de Londres (Angleterre) l’été dernier. Du 8 février au 13 mai 2018, les visiteurs découvriront cette rétrospective majeure, présentée par Desjardins dans les salles du pavillon Pierre Lassonde du Musée, et pourront aller à la rencontre de l’œuvre emblématique d’un des plus grands artistes du 20e siècle, Alberto Giacometti (1901-1966).

Alberto Giacometti, Homme qui marche, 1960. Bronze, 180,5 x 27 x 97 cm © Succession Alberto Giacometti/ SODRAC pour le Canada (2018). Alberto Giacometti, Tête sur tige, 1947. Plâtre peint, 54 x 19 x 15 cm © Succession Alberto Giacometti/ SODRAC pour le Canada (2018). Alberto Giacometti, Annette, 1952. Huile sur toile, 57 x 43 cm © Succession Alberto Giacometti/ SODRAC pour le Canada (2018). Alberto Giacometti, Boule suspendue, 1930-1931. Plâtre, métal peint et ficelle, 60,6 x 35,6 x 36,1 cm © Succession Alberto Giacometti/ SODRAC pour le Canada (2018)

Sculpteur et peintre suisse ayant vécu à Paris, Giacometti est connu pour ses sculptures uniques – personnages allongés à la surface particulièrement fouillée -, mais cette exposition célèbre également le peintre. À cet effet, une cinquantaine de peintures ainsi que des plâtres originaux, dont plusieurs n’ayant jamais été exposés, se retrouvent à Québec. L’exposition permet aussi de mieux saisir l’intérêt de l’artiste pour l’art égyptien et les arts premiers, sa fascination pour la question de la ressemblance, ou encore ses liens avec plusieurs écrivains de premier plan, dont Samuel Beckett et Jean-Paul Sartre.

Nombre de chefs-d’œuvre ont été rassemblés pour constituer cette exposition exceptionnelle, la toute première organisée sur le continent américain depuis plus de 15 ans par la Fondation Alberto et Annette Giacometti, Paris. Outre les œuvres incontournables, la Boule suspendue, l’Homme qui pointe et le célèbre Homme qui marche, pour ne nommer que celles-là, faisant partie de l’impressionnant corpus de plus de 230 objets, en provenance de la riche collection de la Fondation et de grandes collections européennes, c’est autour de 110 sculptures, 50 peintures ainsi que 70 dessins et documents d’archives, qui sont réunis pour cette exposition inédite. Elle met en lumière les débuts de l’artiste dans les années 1920 à Paris, jusqu’à son couronnement dans les années 1960, soit une brillante carrière s’étalant sur cinq décennies.

Des chefs-d’œuvre incontournables

À travers un parcours unique des quatre salles temporaires du pavillon Pierre Lassonde, articulé autour d’une multitude de thèmes invitants – Premières œuvres personnelles, Vers le surréalisme,Mélancolie, Retour à la figuration, Reprise de la peinture, Le style de la maturité, Annette et Diego,Les portraits peints, Revisiter le passéL’Homme qui marche, L’œuvre ultime -, les visiteurs pourront littéralement plonger au cœur de l’œuvre vaste et riche de Giacometti et ainsi apprécier un panorama exceptionnel.

Parmi les sculptures incontournables de l’exposition, il faut voir Femme cuillère (1927), librement inspirée d’une cuillère cérémonielle d’Afrique de l’Ouest. Elle constitue l’une des œuvres majeures de la première période de Giacometti avec ses lignes pures. Elle propose une audacieuse synthèse du vocabulaire formel des arts premiers et des innovations de la sculpture moderne.

Boule suspendue (1930-1931), pour sa part, propose une construction étonnante renfermant des connotations érotiques et une violence contenue, à l’image de plusieurs œuvres créées par Giacometti durant cette période. Avec cette création conceptuelle, le jeune artiste est reconnu par les surréalistes et s’impose sur la scène artistique parisienne.

Il faut également souligner l’œuvre réalisée en une seule nuit pour la toute première exposition new-yorkaise de l’artiste, l’Homme qui pointe (1947). Cette figure tragique, inaugurant une longue série de personnages masculins, traduit l’essence même de la condition humaine.

Une autre œuvre remarquable de Giacometti, Le Nez (1947), une tête saisissante suspendue dans le vide, est l’expression même d’un cauchemar qui a profondément troublé l’artiste quelques années auparavant, où il était au chevet d’un mourant, fasciné par le nez de ce dernier, qui semblait s’allonger indéfiniment au moment de son dernier souffle.

L’œuvre la plus connue de Giacometti est une des sculptures les plus célèbres du 20siècle, l’Homme qui marche (1960), inspirée de la statuaire égyptienne, s’intéresse à la représentation du mouvement. Le motif de l’homme marchant est présent à partir de 1947 dans l’œuvre sculpté de l’artiste. D’ailleurs, cette même année, Giacometti sculpte une première version de ce motif à taille humaine, puis il développe le motif surtout dans des œuvres de plus petite dimension.

Un design exceptionnel pour une exposition exceptionnelle

Jean Hazel, designer principal au MNBAQ, a imaginé une mise en espace unique pour la présentation de cette grande rétrospective. Afin de mettre en lumière les nombreux chefs-d’œuvre rassemblés, il a exploré le thème de la mélancolie – une émotion qui a teinté la vie de l’artiste -, mais l’aspect rêverie de la mélancolie, celle qui porte à l’introspection, à la méditation.

Il a utilisé le motif des vagues pour créer 23 modules aux dimensions variées. Ce mobilier sur mesure, aux lignes épurées, réalisé en érable blond – le même matériau que le plancher des salles temporaires du pavillon Pierre Lassonde – donne l’impression que des vagues de bois sortent littéralement du sol tel un ressac. Ces socles neutres et discrets favorisent une mise en valeur de chacune des sculptures de Giacometti. Des couleurs chaudes et des couleurs de terre, rappelant tantôt la brume, tantôt le sable, ont été choisies pour créer cette ambiance méditative visant à agrémenter l’expérience globale du visiteur.

Alberto Giacometti, l’entrevue mémorable

Pour le plus grand plaisir des visiteurs, un espace a été aménagé pour la diffusion d’extraits d’un film d’Ernst Scheidegger (1923-2016) et Peter Münger (né en 1937), Alberto Giacometti, où ils pourront voir Giacometti à l’œuvre dans son atelier parisien. Tourné en 1964, cet entretien singulier offre un aperçu exceptionnel de son travail et de sa relation complexe au modèle vivant. Durant les années 1950, l’atelier mythique était fréquenté par nombre de collectionneurs, d’intellectuels, d’artistes, de journalistes et de marchands. Ernst Scheidegger, l’un des plus grands photographes de l’époque, a donc filmé Giacometti en train de peindre un portrait de leur ami Jacques Dupin, auteur de la première monographie sur l’artiste et directeur des Éditions Maeght.

Après Québec, New York et Bilbao

Le MNBAQ est fier de s’inscrire dans le parcours prestigieux de cette exposition, qui s’est ouverte à la Tate Modern de Londres à l’été 2017, et qui sera présentée au Solomon R. Guggenheim Museum à New York, à l’été 2018, puis au Guggenheim Museum Bilbao, à l’automne 2018. Les journaux anglais ont été particulièrement enthousiastes l’été dernier. The Guardian titrait : « Giacometti en revue – hymne spectaculaire à la survie de l’homme », alors que The Times disait : « L’intensité d’une vaste gamme d’œuvres de Giacometti ». Place à Giacometti!

SOURCE Musée national des beaux-arts du Québec
Image: MNBAQ via Facebook

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