13 % de la population canadienne appartiendrait aux communautés LGBT




Selon le sondage de la Fondation Jasmin Roy « Réalités LGBT », 13 % de la population canadienne appartiendrait aux communautés LGBT. Pourtant, par crainte, entre autres, d’être rejetés, que cela les empêche de progresser dans leur carrière ou par peur de subir des moqueries et de l’intimidation, 54 % des répondants LGBT n’ont pas fait leur « coming out » auprès de leurs collègues de travail et 45 %, auprès de leurs collègues de classe à l’école.

Un autre grand enseignement de ce sondage concerne la jeune génération (15-24 ans) chez qui le processus de questionnement sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle semble commencer plus tôt et mener aujourd’hui plus rapidement à une acceptation et à un dévoilement. Proportionnellement, il y a plus de bisexuels*, de pansexuels, d’asexuels et/ou de personnes transgenres ou non-binaires chez les jeunes (tout particulièrement chez les 15-24 ans).

Notons que 81 % des sondés LGBT disent que la société canadienne est disposée à faire des efforts pour intégrer les personnes issues de ces communautés et que 73 % des Canadiens sont tout à fait ou plutôt d’accord pour dire qu’il reste encore beaucoup à faire pour que cessent les comportements homophobes et l’intimidation envers les communautés LGBT. Des signaux encourageants pour les chantiers à venir dans les différentes institutions.

« Les résultats de ce sondage seront utilisés pour nourrir la réflexion d’organismes et des différents paliers de gouvernement en vue d’établir des plans d’action visant à mieux répondre aux besoins des jeunes de cette communauté et à leur bâtir des milieux plus positifs, bienveillants et favorables à une meilleure intégration en milieux éducatifs et de travail », annonce Jasmin Roy, fondateur de la Fondation Jasmin Roy.

 

  • Des communautés davantage victimes de désarroi

51 % des personnes trans binaires, 44 % des personnes trans non-binaires, 38 % des personnes asexuelles, 35 % des personnes bisexuelles et 35 % des personnes pansexuelles disent que leur famille ne les a pas crues ou qu’elle a ignoré l’information lorsqu’elles ont fait leur « coming out ».

54 % des sondés issus des communautés LGBT ont l’impression que la vie sera ou aura été plus difficile que celle d’une personne ne faisant pas partie des minorités sexuelles ou de genre. Effectivement, si nous regardons dans le détail : 81 % des LGBT sondés disent avoir ressenti ou ressentir des sentiments de désarroi, de solitude, d’isolement ou de découragement liés à leur orientation sexuelle ou à leur identité de genre et 3 répondants des groupes LGBT sur 4 disent avoir déjà été victimes d’intimidation, de menaces ou de commentaires blessants ou désobligeants, dont 60 % en milieu scolaire, 33 % en milieu de travail et, fait étonnant, 20 % dans les milieux LGBT. « Ce sont des chiffres très inquiétants qui prouvent que les communautés LGBT sont toujours des cibles d’intimidation dans les milieux scolaires et de travail. Ils démontrent également qu’il existe bel et bien de la discrimination au sein même de ces groupes,» explique Jasmin Roy.

40 % des répondants des groupes LGBT disent avoir été victimes de discrimination : dans 40 % des cas cette discrimination a eu lieu au travail (21 % disent notamment avoir été congédiés, poussés à démissionner ou disent avoir subi un refus d’emploi), 13 % des répondants discriminés l’ont été dans les lieux publics et 9 % en milieu scolaire.

Fait surprenant, la communauté LGBT elle-même aurait un certain travail à faire lorsqu’il s’agit de stéréotypes, puisque la majorité des répondants (78%) estime que certains groupes LGBT entretiennent des stéréotypes à l’égard d’autres groupes LGBT.

LGBT?
Au Canada, 76 % des répondants du grand public connaissent bien l’acronyme LGBT, mais plus on ajoute de lettres à cet acronyme, plus on perd de la compréhension dans la population : 60 % disent reconnaître l’acronyme LGBTQ, tandis que seulement 12 % comprennent bien ou vaguement l’acronyme LGBTTIQ2S+.

Les communautés culturelles : Les personnes LGBT appartenant aux autres groupes ethnoculturels non caucasiens vivent clairement des moments plus difficiles que les autres membres de la communauté LGBT en raison de leur orientation sexuelle/identité de genre, et ce, tout particulièrement au sein de leur famille. Leur orientation sexuelle/identité de genre est nettement moins bien acceptée dans leur famille immédiate (29 % plutôt mal ou très mal acceptée, contre 19 % chez les LGBT de type caucasien), ce qui leur apporte, par conséquent, moins d’écoute et de soutien à ce sujet que les autres groupes LGBT. Dans environ la moitié des cas, la famille va avoir tendance à ne pas croire, voire à ignorer cette réalité ou encore à essayer de les convaincre que ce n’est qu’une phase qui va passer. La charge émotionnelle familiale qui s’ensuit est aussi plus lourde puisque dans 34 % des cas, la famille va faire ressentir à la personne qui se dévoile qu’elle leur fait de la peine (situation vécue par 19 % des personnes LGBT de type caucasien).

Les personnes LGBT appartenant aux autres groupes ethnoculturels non caucasiens sont par ailleurs proportionnellement plus nombreux à rapporter avoir subi de l’isolement dans leur milieu scolaire, une moindre acceptation de la part du personnel de leur établissement scolaire et/ou plus de limitations ou d’intimidation dans leur milieu de travail, à la suite du dévoilement de leur orientation sexuelle/identité de genre.

Les autochtones : Les répondants LGBT autochtones se distinguent principalement par une tendance à mieux vivre avec leur orientation sexuelle/identité de genre que la moyenne de la communauté LGBT. Ils émettent par ailleurs plus de réserves que les autres groupes LGBT quant au niveau de disposition de la société canadienne à faire des efforts pour intégrer les personnes LGBT.

  • Des ressources et des soutiens encore insuffisants

58 % des sondés dans les groupes LGBT ont l’impression que les ressources disponibles pour avoir du soutien et de l’aide sont insuffisantes. Ils désireraient bénéficier :

  • d’organismes de soutien, de ressources, de réseaux visibles et accessibles dans leur localité, dans leurs quartiers et les écoles (26 %),
  • d’informations claires et accessibles sur l’identité sexuelle et de genre dans les milieux éducatifs, les bibliothèques et sur Internet (20 %),
  • de modèles issus des diversités sexuelles et de genre ainsi que des mentors qui soient accessibles afin de les accompagner (19 %).

Aux yeux des sondés, les interventions qu’il serait le plus utile de renforcer pour favoriser le bien-être et l’intégration des personnes LGBT dans la société canadienne actuelle sont :

  • un retour ou une augmentation des cours d’éducation sexuelle dans les écoles (49 %),
  • davantage de visibilité des ressources et des regroupements LGBT afin que les gens en processus aient un meilleur accès (42 %),
  • plus d’ateliers de sensibilisation dans les écoles (41 %),
  • une meilleure représentation des personnes LGBT dans les médias (41 %)
  • davantage de publicités contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie (27 %).

46 % des sondés LGBT disent être mal représentés dans les médias. 69 % d’entre eux souhaiteraient avoir des représentations moins stéréotypées et 66 % aimeraient voir une plus grande diversité quant au type de personnes issues des communautés LGBT incarnées dans les fictions ou présentes dans les médias de façon générale. « La question de la représentativité dans les médias reste un problème auquel il faut adresser rapidement des solutions. Le CRTC, les syndicats qui représentent les artistes et les différents paliers de gouvernement devraient insister pour qu’il y ait une meilleure représentativité des groupes LGBT dans les sociétés d’État et dans toutes les productions subventionnées ou qui ont droit à des crédits d’impôt », souligne Jasmin Roy.

  • Des contacts avec la communauté LGBT encourageants

Les personnes nées hors Canada sont proportionnellement moins nombreuses à être en contact avec la diversité sexuelle et sont généralement un peu moins ouvertes à cet égard que les personnes nées au Canada. Les Québécois se disent davantage en contact avec des personnes homosexuelles ou bisexuelles (70 %) que les autres Canadiens (51%). Cependant, le pourcentage s’inverse lorsqu’il s’agit d’une personne de confession religieuse ou d’une couleur de peau différente de la leur. D’après Jasmin Roy, c’est « Un écart important que nous pourrions analyser, à savoir pourquoi les Québécois sont plus ouverts sur la diversité sexuelle et moins réceptifs aux diverses communautés culturelles, tandis que cette tendance s’inverse dans le reste du Canada ». De plus, les Canadiens en général sont seulement 9 % à déclarer côtoyer des personnes transgenres.

D’après les résultats du sondage de la Fondation Jasmin Roy, 52 % des Canadiens se disent « très à l’aise » de côtoyer des personnes homosexuelles ou bisexuelles et un quart des répondants (27 %) se dit « très à l’aise » de côtoyer des personnes trans. Cette proportion, nettement supérieure à la proportion qui en côtoie réellement, laisse penser qu’une partie des efforts de sensibilisation à l’homosexualité et/ou à la bisexualité bénéficie à la communauté trans.

Le degré d’aisance des répondants diminue cependant lorsqu’il s’agit d’être témoin de marques d’affection : 44 % sont très à l’aise de voir des personnes de même sexe se tenir la main en public et seulement 27 % le sont à voir des personnes de même sexe s’embrasser sur la bouche en public, contre 41 % lorsqu’il s’agit d’un couple hétérosexuel.

Les répondants sont partagés lorsqu’il s’agit de définir leur degré d’aisance à fréquenter les mêmes toilettes ou les mêmes vestiaires qu’une personne transgenre. Environ le tiers d’entre eux (38 %) se disent très à l’aise. La question des vestiaires semble légèrement plus gênante (31 % se disent très à l’aise).

  • Les valeurs des communautés LGBT

La Fondation Jasmin Roy a interrogé les Canadiens sur le plan des valeurs socioculturelles. Quatre principaux axes distinguent les répondants LGBT de la moyenne de la population :

  • Une grande volonté d’épanouissement personnel et d’authenticité qui les amène à chercher le bien-être, à valoriser les plaisirs de la vie et à exprimer leur « vraie » personnalité;
  • Une créativité plus développée que la moyenne de la population, qui les amène à sortir des sentiers battus et leur permet de s’adapter plus facilement au monde qui les entoure;
  • Une grande conscience sociale et écologique qui les rend plus soucieux de leur environnement au sens large (individus et planète);
  • Une distance assez importante vis-à-vis des valeurs familiales traditionnelles.

Ces valeurs s’incarnent notamment dans des activités personnelles plus axées sur les liens amicaux et la culture que celles des hétérosexuels, un soutien plus fréquent et plus diversifié à des causes sociales, un style vestimentaire plutôt personnel en marge des tendances de la mode, ainsi qu’un désir moindre de se marier et d’avoir des enfants.

LEXIQUE
Hétérosexuel : une personne attirée sexuellement par une personne de sexe opposé
Homosexuel : une personne attirée sexuellement par une personne du même sexe
Bisexuel : une personne attirée sexuellement par les hommes et les femmes
Pansexuel : une personne attirée sexuellement ou sentimentalement par une autre personne sans considération de son sexe
Asexuel : une personne qui ne considère pas les relations sexuelles comme importantes et peut s’en passer sans jamais en ressentir le besoin
Transgenre : une personne dont le genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance
Binaire : limite l’identité de genre au masculin et au féminin
Non-binaire : hors de la binarité homme-femme

Pour consulter le sondage, visitez fondationjasminroy.com.

Source:  Fondation Jasmin Roy

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